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Pourquoi ouvrir un PERP ?

Lancement officiel des nouveaux régimes d’épargne-retraite (ou RIP). Votre assureur ou votre banquier pourra désormais vous proposer ce nouveau plan d’épargne introduit dans le cadre du Pact Act (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Agipi, Eres ou Generali ont déjà annoncé leur offre. Mais avez-vous intérêt à y souscrire ou à transférer vos anciens produits de retraite vers ces nouveaux régimes ? La question mérite d’être soulevée.

Paiements volontaires déduits de vos impôts

En principe, le PER présente plusieurs avantages : un véhicule unique qui compile les différents systèmes existants (Perp, Perco, Madelin, article 83), une rente ou une sortie de capital (ce dernier cas étant possible pour les paiements volontaires et l’épargne salariale, mais exclut les paiements obligatoires du type article 83), plus des règles harmonisées (en particulier en cas de libération anticipée en cas d’accident de la vie ou d’acquisition du résidence principale). Portable tout au long de la carrière professionnelle, le PER remplacera progressivement les contrats existants, qui ne pourront plus être commercialisés à compter du 1er octobre 2020. Soyez assuré que vous pourrez toujours verser dans votre Perp, Perco, Madelin ouvert avant 2020, mais sans bénéficier des nouvelles modalités. La grande avancée du PER est en effet de permettre une déductibilité des paiements volontaires du revenu imposable (dans la limite des plafonds actuels) même en 2019 ! Le dispositif d’optimisation antifiscale ne s’applique pas aux nouveaux RIP.

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Ouvrir un PER au lieu de nourrir un criminel

Supposons que vous souhaitiez investir 10 000 euros dans votre Perp que vous n’avez pas nourri en 2018, en raison de l’année blanche fiscal. La règle anti-abus cette année consiste à conserver la moyenne de sommes versées en 2018 et 2019, soit 5 000 euros car vous n’avez rien payé l’année dernière. En fait, vous n’économiserez que 2050 euros d’impôts, si vous avez un taux d’imposition marginal de 41 %. Avec un PER, vous avez un bonus d’impôt réel puisque vous économiserez alors 4 100 euros cette année. Néanmoins, la règle anti-abus ne s’applique pas si vous n’avez ouvert un Perp que dans 2018 ou cette année. L’ouverture d’un régime individuel d’épargne-retraite a néanmoins aucun intérêt si vous n’êtes pas imposable, autant préférer directement une assurance vie.

Pas d’urgence, transférez vos anciens produits

Si vous avez déjà un Perp, un Madelin ou un Perco depuis longtemps, il n’est pas urgent de passer à un PER. Ce cas est d’autant plus vrai si vous avez encore une longue carrière professionnelle devant vous. N’hésitez pas à prendre le temps d’évaluer correctement l’offre de PER qui sera progressivement proposée, certains joueurs ne seront pas prêts avant 2020. Cependant, un transfert peut être rentable aujourd’hui si vous cherchez à améliorer l’exécution de votre contrat existant. Les RIP bénéficieront tous par défaut d’une gestion gérée, c’est-à-dire d’une gestion qui adapte les investissements en fonction de l’horizon temporel avant la retraite, ce qui devrait se traduire par de meilleurs rendements, mais il est difficile de dire à l’heure actuelle quels seront les résultats des nouveaux PER. Attention, car les assureurs devront également confiner les actifs de retraite (actuellement mélangés à leurs fonds en euros plus traditionnels) d’ici fin 2023, ce qui nécessitera la constitution de nouveaux portefeuilles à placer sur les marchés dans des conditions désormais extrêmement défavorables, compte tenu du niveau d’intérêt des taux d’intérêt très faibles.

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Une bonne fiscalité

Avant de vous séparer des anciennes enveloppes, vérifiez également leurs avantages, notamment en termes de fiscalité. « Le contrat Madelin peut être un outil de succession intéressant, alors que ce ne sera pas le cas pour le PER, qui ne bénéficie pas des mêmes conditions fiscales avantageuses en cas de décès après 70 ans », explique Guillaume Rosenwald, directeur général du MACSF Retirement Savings. Dans un RAP comme dans l’assurance vie, l’âge du décès déterminera la fiscalité (avec une déduction de 152 500 euros par bénéficiaire avant 70 ans puis de 30 000 euros après 70 ans, mais alors sans exonération d’intérêts). Après 70 ans, il sera même dans votre intérêt d’arrêter de tirer profit de ce produit.

De plus, débloquer avant la retraite vos sommes versées dans un PER ne sera pas nécessairement une bonne affaire ! L’acquisition de la résidence principale donne droit au déblocage anticipé des sommes versées volontairement ou dans le cadre de l’épargne du personnel, mais le capital et les intérêts seront alors imposés. Ce n’est pas le cas si la libération intervient dans l’un des 5 cas d’accident de la vie (décès, invalidité, surendettement, expiration des droits d’assurance chômage ou liquidation judiciaire). Dans l’ensemble, les règles fiscales seront toujours aussi compliquées (selon l’origine des sommes épargnées, votre rente ou vos sorties de capital) et séparées entre les nouveaux et les anciens produits. Un véritable casse-tête pour les épargnants.

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Retraite