Adopter les bons gestes pour se déplacer facilement avec des béquilles

Personne n’a jamais rêvé de marcher avec des béquilles, et pourtant, quand la nécessité s’impose, tout repose sur la précision des gestes. Le moindre faux mouvement complique la mobilité, surtout chez les enfants. Pourtant, avec quelques ajustements concrets, se déplacer redevient possible, même sur un seul pied.

Comment s’assurer que la taille des béquilles est adaptée ? Leur rôle : soulager la jambe blessée, éviter qu’elle ne supporte le moindre poids. Mais cela ne fonctionne que si elles sont réglées correctement. Pour l’enfant, comme pour l’adulte, un détail fait toute la différence : la poignée doit arriver à hauteur des hanches. Les coudes, eux, restent légèrement fléchis, jamais verrouillés.

Avant de partir, vérifiez aussi l’état des embouts antidérapants au bout de chaque béquille. Un embout usé, c’est le risque de glisser là où on cherche justement de la stabilité.

Pour s’extraire d’une chaise sans encombre, il existe un geste précis : regroupez les deux béquilles d’un seul côté, celui de la jambe blessée. L’autre main s’accroche fermement à l’accoudoir. Misez tout sur la force de la jambe valide et de vos bras pour vous redresser. Ce n’est pas un concours de vitesse, mais une question d’équilibre.

Le bon positionnement des poignées, toujours à la hauteur des hanches, facilite le mouvement. Quand il s’agit d’avancer sans poser la jambe blessée au sol, chaque étape compte. Voici comment procéder :

  • Le pied de la jambe blessée reste en suspension, sans toucher le sol.
  • Faites avancer les deux béquilles d’un même mouvement, sur une quarantaine de centimètres.
  • Inclinez légèrement le haut du corps vers l’avant, tout en gardant les mains sur les poignées.
  • La jambe valide joue son rôle : elle propulse le corps en avant, alors que la jambe blessée ne touche toujours pas terre.
  • À ce stade, répétez la séquence jusqu’à la destination. La jambe valide termine son trajet entre les deux béquilles, talon en avant pour plus de stabilité.

    Le pied de la jambe indemne vient finalement se placer entre les deux supports, prêt à recommencer.

Gardez à l’esprit que de courtes étapes limitent la fatigue et les risques de déséquilibre.

Quand le médecin autorise un contact partiel avec le sol, la technique évolue. Il s’agit alors de laisser la jambe blessée frôler le sol, sans y mettre tout son poids. La méthode :

  • Le pied de la jambe blessée touche le sol, mais très légèrement.
  • Avancez les deux béquilles simultanément, à nouveau sur quarante centimètres.
  • Inclinez le buste vers l’avant pour faciliter le mouvement.
  • La jambe blessée avance, mains bien ancrées sur les poignées pour éviter toute pression excessive sur le pied.
  • La jambe valide ramène le corps vers l’avant, et on recommence.

Le pied de la jambe indemne termine son mouvement entre les deux béquilles, prêt pour le pas suivant.

Qu’en est-il des escaliers ? Monter ou descendre se fait marche après marche, sans précipitation. Ce n’est ni une compétition, ni une question de performance. S’autoriser à souffler à chaque marche, c’est se garantir une progression sans encombre.

Quand une rampe est à disposition, voici la démarche recommandée :

  • Saisissez la rampe du côté de la jambe blessée, maintenez une béquille dans l’autre main.
  • En vous appuyant sur la rampe et la béquille, hissez la jambe valide sur la marche supérieure.
  • Puis, positionnez la béquille sur la même marche.
  • La jambe blessée suit, rejoignant l’autre pied.

En l’absence de rampe, la montée s’organise différemment :

  • La jambe valide monte en premier.
  • Les deux béquilles rejoignent la marche supérieure.
  • La jambe blessée est ramenée à hauteur de la jambe indemne.

Pour redescendre avec une rampe :

  • Posez la main sur la rampe, la béquille descend sur la marche inférieure.
  • Descendez d’abord la jambe blessée, appui ou non autorisé.
  • La jambe valide rejoint la même marche, pas à pas.

Et sans rampe :

  • Commencez par poser les béquilles sur la marche du dessous.
  • La jambe blessée descend ensuite, appui partiel ou complet selon les consignes.
  • La jambe valide vient terminer le mouvement, assurant la stabilité de l’ensemble.

Faire corps avec ses béquilles, c’est accepter un rythme nouveau, fait de patience et de gestes répétés. Progressivement, le corps retrouve des repères, et la mobilité, même ralentie, ouvre de nouveau la voie. Demain, chaque marche gravie sera la preuve d’un chemin retrouvé.

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